Dorothéa, le châtiment des sorcières par Cuvié

Publié le par Kao_Chan

 
Titre :
Dorothéa, le châtiment des sorcières
Auteur :
Cuvié
Genre :
Shônen
Année de parution :
2006
Editeur Japonais :
Kadokawa Shoten
Editeur Français :
Asuka
Nombre de volumes :
4
Etat de la série :
En cours


Alors que les mangas traitant de l’époque médiévale au sens strict sont rares (par opposition à l’heroïc fantasy), Dorothea, le châtiment des sorcières révèle l’originalité de l’auteur qui transporte son lecteur à travers l’Allemagne du XIIe siècle.


Au pays de Nauders, les enfants albinos sont des êtres sacrés. Dès leur naissance, ils sont confiés à la Maison de la blancheur. Dans ce village, ces jeunes enfants peuvent grandir et connaître la prospérité. À l’abri de l’extérieur, les albinos ne se doutent pas que leur différence présente un danger. Associé au pape, le seigneur de Nauders a juré la perte du village, qu’il accuse de protéger des hérétiques et des sorcières. Dorothea défend la cité, mais face à la montée des tensions, elle est contrainte de la quitter et rejoint les mercenaires.


On retrouve dans ce manga une héroïne convaincante prête à tout pour sauver le monde et protéger son village. Au-delà de son charme, Dorothea, la sorcière aux cheveux d’argent qui porte « les yeux du mal » peut rappeler par son physique Tchii, l’héroïne de Chobit. La jeune fille étonne par son courage et sa détermination : la force de persuasion de Gyurk, son compagnon, est bien faible face à son obstination.

Dans Dorothea, on apprécie la précision de Cuvie qui, malgré la portée fantastique de l’histoire, enrichit l’action de nombreux éléments réalistes. Le poids de la hiérarchie et la société d’ordre de l’époque éclairent le contexte tout en rendant l’intrigue plus vraisemblable. Le lecteur prend conscience de l’influence de la religion par le biais de références très précises qui attestent des recherches menées par l’auteur. Ainsi malgré quelques confusions (les hérétiques ne sont pas vraiment des païens), on en apprend beaucoup sur la société médiévale, ses mœurs et ses conflits.


L’auteur soigne donc l’intrigue de Dorothea par le foisonnement d’informations, mais on se doit aussi de saluer la qualité du décor qui n’est pas forcément une des priorités dans le manga classique. Des pans entiers de l’architecture médiévale ajoutent, par leur précision, au réalisme de l’histoire. De même, les costumes semblent tout droit sortis de films de cape et d’épée tels que Robin des bois (Kevin Reynolds) ou Jeanne d’Arc (Luc Besson).

Au-delà d’un réel souci de vraisemblance, l’excès l’emporte parfois sur un réel besoin de précisions, en effet le lecteur peut se perdre en tentant de comprendre les différents lieux cités, ainsi que la fonction des personnages. Si bien que de temps à autre, on ne sait plus qui est qui, les mots à consonance germanique ne simplifiant rien. Il est clair que certains éléments méritent d’être éludés même si les quelques résumés qui parcourent l’œuvre éclairent le lecteur.


Le premier tome des aventures de Dorothea comblera certainement les amateurs de shônens et de combats singuliers où l’opprimé s’oppose avec force et courage au pouvoir hiérarchique. C’est l’occasion pour le lecteur de découvrir une époque sombre de notre histoire durant laquelle le peuple n’a aucun droit. Avec sa différence qui constitue un poids quotidien, Dorothea est une héroïne particulièrement attachante, on attend avec impatience de découvrir les combats qu’elle devra mener.

Crédit photographique : © Cuvie 2006 / KADOKAWA SHOTEN Publishing Co. Ltd.
Site de l'éditeur : http://www.asuka.fr/index.php

Tout ou partie de ce texte fut originellement publié sur Culturofil.

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