Ma petite maîtresse de Yuki Yoshihara

Publié le par Kao_Chan


Titre :
Ma petite maîtresse
Auteur :
Yuki Yoshihara
Genre :
Shôjo
Année de parution :
2006
Editeur Japonais :
Shogakukan
Editeur Français :
Soleil manga
Nombre de volumes :
6
Etat de la série :
Terminé


Ma petite maîtresse est un excellent shôjo1 qui plonge le lecteur dans la vie tourmentée de Chôko, une jeune femme introvertie et persécutée par un patron tortionnaire et arrogant.

Chôko Kuzé est l’héritière d’une riche famille japonaise qui sombre dans la faillite alors qu’elle n’a que onze ans. Rapidement, elle doit s’habituer à sa nouvelle vie et chercher du travail afin de subvenir à ses besoins. C’est ainsi que débute l’histoire de ce manga pas comme les autres qui se démarque sans conteste du shôjo classique et banal.


Chôko donne l’image d’une héroïne douce et peu sûre d’elle. Elle évolue dans un monde qui parfois lui échappe. Certains membres de sa famille restent ancrés dans leur univers contrairement à elle qui essaye de vivre normalement. Son petit frère, Mikihiko, est figé dans un monde dont il ne fait plus partie. Son vocabulaire trahit ses origines nobles et son registre de langue soutenu est incompris de tous. Il vouvoie sa sœur et ses « Diantre ! » le rendent ridicule et provoquent le rire du lecteur.

Cependant la vie de la jeune fille change radicalement lorsqu’elle rencontre son nouveau patron, Masayaki Dômoto, employé dans une agence immobilière.

Dès la couverture, on remarque le côté énigmatique de ce personnage. Cet homme au regard de braise est difficile à cerner. Il se situe entre l’obsédé sexuel et l’homme de glace, impassible et tyrannique de surcroît. Sarcastique, agaçant, blagueur, voici le portrait que dresse Chôko de son supérieur.

Il la tutoie malgré les marques de politesse, employées au Japon, qui veulent que chacun se vouvoie, le plus souvent, dans la vie professionnelle. Certes, les patrons tutoient parfois leurs employés, tout en les appelant par leurs noms de famille, mais Dômoto ne la traite pas comme les autres secrétaires. D’ailleurs, celles-ci la jalousent particulièrement, la jeune femme subit des pressions de la part de ses collègues. Au Japon, le travail est quelquefois un milieu hostile où la compétition est courante. Sous l’influence de son patron et face aux moqueries des autres employées, Chôko devient une colérique, hyper stressée. On peut donc supposer que Yuki Yoshihara dénonce un phénomène de société bien connu au pays du soleil levant : l’ijime2.

A la stupéfaction de Chôko, l’homme en noir est très vite démasqué. En effet, Dômoto n’est autre que Cha-chan3, le serviteur dévoué et ami de Chôko. La jeune fille est bouleversée par cette révélation, elle ne sait plus quel est son rôle, celui d’une employée ou de la “petite maîtresse“.

1. mangas pour filles.

2. Ijime est un mot japonais désignant les brimades que subissent ceux qui sont exclus d’un groupe parce qu’ils sont différents et pris pour cible. Ce phénomène est non seulement très présent dans le milieu scolaire, mais également dans le milieu professionnel et la vie quotidienne.

3. « chan » est un diminutif affectif au Japon qui est associé aux prénoms, tout comme « kun » et « san »

Ma petite maîtresse de Yuki Yoshihara publié chez Soleil Manga.
Crédit photographique : 2006 by Yuki Yoshihara, 2008 MC Production.


Tout ou partie de ce texte fut originellement publié sur Culturofil.

 

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