Kyōichi Katayama, un auteur d'une grande sensibilité

Publié le par Kao_Fan


Le deuxième auteur que j'ai eu l'occasion de découvrir et que j'affectionne particulièrement est Kyōichi Katayama. Contrairement à Haruki Murakami, je n'ai lu qu'un de ses ouvrages, mais j'ai été bouleversée par la sensibilité de cet écrivain. Il faut dire que Un cri d'amour au centre du monde est le seul livre de l'auteur traduit en France.
Né en 1959, Kyōichi Katayamaest diplômé de l'université de Kyûshû. Il a reçu le prix Bungakkai des jeunes auteurs. Un cri d'amour au centre du monde a été adapté en manga (par Kazumi Kazui), puis en film et en drama*. Prochainement, je publierai un article sur ce roman. Difficile de trouver des liens sur le sujet, mais apparemment le film aurait fait parti de la sélection cannoise en mai 2004.

*Drama: courte série télévisée d'une dizaine d'épisodes.


Bibliographie (source wikipédia) :

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INSENSIBLE ET HEUREUX<br /> <br /> Moi, je suis un grand insensible.<br /> <br /> D’une froideur qui tue les fleurs.<br /> <br /> Cette indifférence générale pour tout ce qui m’entoure n’est pas une carapace chez moi, pas un artifice masquant quelque souffrance intime, non. L’insensibilité c’est vraiment mon état naturel. <br /> <br /> Je n’ai d’ailleurs jamais souffert dans ma vie. J’ai même eu une enfance extrêmement heureuse. J’apprécie particulièrement les endroits glauques. Le béton, la friche industrielle, les quartiers sales, les taudis, les garages rouillés, les chemins déprimants, c’est mon élément. <br /> <br /> Cela dit je n’habite pas dans un squat mais dans un confortable et délicieux appartement. Par chance, depuis mon coquet refuge j’ai une vue donnant sur des toits mal famés abritant une véritable faune.<br /> <br /> Des chats malades partagent mon existence. Je ne les fais pas soigner, je veux les voir mourir jour après jour. Je supporte particulièrement bien la douleur : celle des autres. Cela me rend tout à fait heureux de voir des gens tristes. <br /> <br /> En outre je m'accommode parfaitement de la médiocrité, de la bassesse, de l’imperfection. Autant chez moi que chez les autres. Je e suis pas du tout sentimental. Mon coeur n’est pas en or, il est fait d’un cuir rare, sec, rigide et glacé battant avec une grande régularité dans sa cage de métal. <br /> <br /> Aucune blessure ne perturbe cette horloge d’acier qui me tient en vie. Je suis une merveilleuse machine réglée au millimètre, bien huilée, imperturbable. <br /> <br /> Les gens sensibles ne peuvent pas comprendre cela. <br /> <br /> Ni surdoué ni sous-doué dans quelque domaine que ce soit, je me situe franchement dans la moyenne pour tous les aspects de la vie et j’aime ça ! Je n’ai pas d’amis, je déteste cela. Mon meilleur compagnon de vie, c‘est moi-même. Et je m’aime beaucoup. <br /> <br /> Quant aux femmes, je les aime beaucoup aussi. Surtout quand elles débarrassent mon plancher (le sol de ma demeure est en ciment en fait : j’aime trop l’ambiance que dégage cette matière dure). Opportuniste, profiteur, jouisseur, je ne suis pas du tout ce qu’on appelle un être entier. <br /> <br /> Les compromis, ça me connaît ! Je fais des concessions dès que cela m’arrange. Peu de personnes apprécient mon tempérament plein de tiédeur, mon pragmatisme, ma quête de bien-être. C’est dommage car on peut faire facilement affaire avec moi... J’ai un sens prononcé du commerce. J’aime l’argent. <br /> <br /> Et s’il est vrai que sur le plan affectif je n’ai rien à donner, il est tout aussi vrai qu’en ce domaine je ne veux rien recevoir des autres. Je ne suis pas un homme de coeur mais un homme de calcul. Ma personnalité est simple, carrée, franche, nette, sans aucune ambigüité. Il n’y a nulle révolte en moi, pas d’idéal, je suis très satisfait de mon sort. Ma sérénité face au monde est même pointée du doigt par des imbéciles hystériques qui me taxent de monstre. Je me sens riche de mon indépendance, fort par ces choix individualistes que les autres prennent pour des faiblesses, libre avec ce coeur qui ne bat que pour moi-même. <br /> <br /> Raphaël Zacharie de IZARRA
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